Autostop – Episode 1

Dès le premier jour de notre épopée, outre la marche, nous avons découvert une nouvelle activité : l’autostop. Un moyen très pratique et économique de ralier rapidemment un endroit donné, mais très vite on découvrira que le stop, c’est bien plus que ça !

On a commencé à lever le pouce dès l’aéroport de Dubrovnik pour rejoindre le centre ville, sans grande conviction car on ne savait vraiment pas à quoi s’attendre. Pourtant au bout de 10 min en plein cagnard, un fourgon d’hollandais nous a pris et tout de suite s’en est suivie une discussion en anglais, très sympathique.

Dans cette région très touristique de la Croatie, il faut avouer qu’on a eu beaucoup de difficultés à faire du stop, patientant parfois plusieurs heures en pleine chaleur avant qu’une bonne âme veuille bien nous véhiculer pour quelques kilomètres. Le nombre de touristes était trop important à Dubrovnik, et surtout, le niveau de vie général très élevé de ces touristes limitait nos possibilités.

Ce n’est qu’une fois passée la frontière du Monténégro que nous avons pris goût à faire du stop car c’est à partir de ce moment que de vraies rencontres vont avoir lieu.

Giacomo et sa fille Irene, des Italiens aux yeux bleus profonds, en vadrouille familiale en attendant de rejoindre des amis en Albanie qui, nous voyant marcher le long de la route, nous proposent spontanément de monter avec eux. Nous découvrirons ensemble la merveille qu’est le fjord de Kotor (Boca Kotorska), en longeant ses rives bleutées et ses villages aux murs jaunis par le coucher du soleil.

Optimized-P7210149Fjord de Kotor depuis la fortesse qui domine la ville du même nom

(Photo : Fliflounette)

Mikhail, cet ancien bûcheron reconverti en électricien qui lui aussi, s’arrêtera spontanément en plein cagnard pour nous conduire dans les virages interminables de la moyenne montagne monténégrine. Très calé sur l’actualité du sport francais, nous discuterons aussi du pays, des questions économiques, de l’énergie jusqu’à ce qu’il nous dépose à Čevo, au coeur d’une campagne où rares sont les villages.

Il y a aussi ce vieil homme qui nous a fait monter avec lui dans cette même campagne. On marchait depuis plusieurs heures en pleine chaleur, on avait le plus grand mal à trouver de l’ombre pour s’abriter, nos réserves d’eau diminuaient dangereusement et on ne trouvait aucun village pour nous approvisionner en eau et nourriture. Après le repas, on a repris la route à pied, sans grand espoir de croiser quelqu’un dans cette espèce de no man’s land. Et là, la vieille Renault 19 nous a dépassée puis s’est arrêtée. Le vieil homme nous a conduit au-delà de nos espérances, jusqu’à notre objectif du jour, la ville de Nikšić. Ne parlant pas un mot d’anglais, il nous a pourtant fait comprendre que nous étions complètement fous de nous aventurer sur cette route aussi longue en pleine chaleur. Il s’est arrêté plusieurs fois pour cueillir des plantes dans la montagne, sans doute pour préparer des soins pour les rhumatismes, selon ce qu’il a essayé de nous expliquer. Il nous a présenté divers lieux au cours du trajet, prenant plaisir à nous faire découvrir son pays.

Optimized-P7230278Marche en pleine chaleur (Photo : Fliflounette)

Optimized-P7230277(Photo : Fliflounette)

Petko, professeur d’informatique, nous a sorti de la ville de Nikšić pour nous avancer dans notre objectif de ralier Žabljak au pied du massif du Durmitor. Après quelques kilomètres, il nous proposera de partager un jus de fruits fait maison. Nous ferons la connaissance de sa maman, de sa soeur et de sa nièce. Nous prendrons avec eux nos premières photos-portraits. Un grand moment de partage qui nous donne la pêche pour la suite.

Dragan, la cinquantaine est assurément LA rencontre de cette semaine ! Livreur de matériaux de construction, il s’arrête sur la nationale que nous longeons depuis un moment, alors qu’on commencait à se dire qu’on n’arriverait jamais avant le soir à Žabljak, 75 km plus loin. C’est à bord d’une vieille camionnette Mercedes bleue, au compteur bloqué à 83 193 km, que nous allons avancer considérablement. Un premier arrêt pour nos offrir des glaces, un second pour livrer du sable dans une ferme où un homme patientait assis à une table avec une bouteille de vin dans la main. Le dernier arrêt où nous descendrons sera l’occasion de rejoindre des amis de Dragan, dans une petite cabane en bois située sur l’embranchement vers notre route. Dragan tient à nous offrir des boissons. Nous nous attablons avec le jeune couple d’amis, Milan et Snežana, on nous offre des cigarettes pendant qu’une discussion pleine de fous rires débute. Dragan ne parle pas anglais et nos rudiments de serbe ne nous aident pas beaucoup mais Snežana, elle, parvient à nous faire un peu de traduction, pour notre plus grand bonheur. Si la discussion est aussi animée c’est que Dragan explique à ses amis que s’il avait été plus jeune, il m’aurait bien emmenée avec lui ! Hilarité générale ! Dragan a ce côté bon vivant qui fait que chacune de ses phrases est ponctuée d’un éclat de rire qui laisse découvrir ses molaires manquantes. Quand vient l’heure de la photo, il y a beaucoup de rires, de complicité et surtout de plaisir à immortaliser ce moment partagé ensemble. Cette rencontre va nous rendre accro à l’autostop !

Optimized-P7240352La fameuse camionette Mercedes de Dragan (Photo : Toto Caribo)

Pour terminer cette galerie de portraits, Milovan est le dernier en date à nous avoir avancéa d’une soixantaine de kilomètres. Jeune homme de 27 ans, grand blond aux yeux bleus en amandes, fermier au-dessus des gorges de Tara. Il ne parle pas un mot d’anglais, ce qui est très frustrant car il est adorable et touchant. Après nous avoir offert des cigarettes, il sort une bouteille que je crois pleine d’eau, mais non, c’est du raki, un alcool local très fort ! Il a attendu qu’une voiture de police nous dépasse pour la sortir de derrière son siège et en prendre une gorgée en conduisant ! On a testé, ça brûle la gorge et ça descend directement dans les jambes. Plus tard, il nous offrira un café dans un cadre magnifique de prairies alpines avec en toile de fond, les sommets du parc national du Durmitor qui se détachent sur l’horizon du soleil couchant. On parviendra à communiquer un peu par l’intermédiaire patron du bar qui parle anglais. Cela nous soulage un peu car on est tous les trois très frustrés de ne pas pouvoir échanger plus.

Et puis il y a aussi toutes ces personnes qui ont fait preuve de générosite en contribuant, le temps de quelques kilomètres, à l’avancée de notre périple. En tous cas, une chose est sûre, le stop, on adore !

Optimized-P7250379Le parc national du Durmitor (Photo : Toto Caribo)

Florence.

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5 réflexions sur “Autostop – Episode 1

  1. Pingback: Durmitor, pour des mollets en or | Mes petits périples...

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