Durmitor, la montagne comme terrain de jeu

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Photo Toto Caribo

À nous les grosses randonnées dans les montagnes ! Nos petits mollets ne demandent qu’à être affûtés et ils vont être servis : paysages incroyables et dénivelés à foison !

Un réveil réglé à 6h pour sonner le départ d’une randonnée fabuleuse au coeur du parc. En quittant le camping, on s’enfonce dans une majestueuse forêt de pins et de hêtres étonnamment lumineuse grâce aux rayons du soleil matinal qui se faufile délicatement entre les troncs.

1ère pause goûter du matin au pied des premiers sommets. Nos organismes sont très gourmands en énergie depuis le début de notre périple à pied. Ce sera d’ailleurs l’objet d’un futur billet.
Le paysage devient montagnard et on passe d’un sol de litière forestière très orthopédique à un parcours plus cassant entre les rochers calcaires.

 

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Photo Toto Caribo

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Photo Toto Caribo

Nous voici au coeur d’un cirque de sommets tachetés de plaques de neige. Une hutte-refuge, un enclos d’où s’échappent des brebis lancées à l’assaut de l’herbe fraîche sous les ordres de leur berger.

Deux amis néerlandais nous dépassent. L’un d’entre eux n’est pas très à l’aise sur ce terrain montagnard, d’autant qu’une épaule démise plusieurs fois l’empêche de s’aider de son bras. Toute la journée, nous n’arrêterons pas de nous rattraper, de nous doubler, de nous laisser passer devant cordialement
Arrivés à un carrefour de chemins, pause pour tout le monde, nos chemins doivent se séparer ici. Un gars arrive du Bobotov nous racontant que c’est plutôt sympa malgré les nuages. Silvère propose un changement de programme pour tenter l’ascension du sommet, comme les Néerlandais dans les moments délicats. Ils marchent pour atteindre le point culminant du parc, le Bobotov Kuk, à 2522 m d’altitude. De notre côté, nous avons prévu de monter à la grotte de glace, à 2040 m.

Comme à chaque fois qu’on me propose de grimper en altitude, j’ai toujours un peu d’appréhension. La peur du vide a tendance à me freiner dans mes envies. Heureusement, mon compagnon de route me répète la phrase magique : « on n’a qu’une vie ! »

Portée par ce soutien, nous entamons la longue ascension vers le Bobotov. Première difficulté sérieuse : la traversée d’un névé en dévers avec une glissade de 25 m  promise à celui qui fera un faut pas sur la neige verglacée. En guise d’accueil, une masse de rochers calcaires prêts à faire mal. Il ne m’en faut pas plus pour me donner des envies d’abandon. Je n’ai pas confiance en mes pas et puis la neige, ça glisse ! Silvère m’encourage mais je préfère trouver une autre voie de passage, quitte à faire un peu d’escalade.

Difficulté passée, nous reprenons notre chemin avec des névés à traverser, mais moins inclinés et moins vertigineux. Le paysage devient complètement minéral et les névés occupent des surfaces toujours plus grandes.


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Nous arrivons au dernier replat avant l’ascension finale du Bobotov qui s’élève maintenant face à nous comme une muraille. Nous observons les petites fourmis qui se hissent lentement vers le col à 2321 m, en suivant un chemin improvisé dans les éboulis pour éviter le névé infranchissable qui descend du col.

En gros, immédiatement devant nous, on a un névé géant qui ressemble à une piste de ski, à remonter pour atteindre ensuite un chemin de rochers qui nous permettra de rejoindre le dernier névé à contourner par des éboulis très instables. Nous serons ensuite au col pour terminer les derniers 200 m de dénivelé qui nous séparent du sommet.

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Photo Toto Caribo

On commence donc la progression sur le névé géant, une vraie partie de rigolade : des gens en glissent façon ski avec leurs bâtons, d’autres y vont prudemment, de côté, en taillant des marches dans la neige, mais la palme de la meilleure descente revient à cette dame blonde d’une cinquantaine d’années qui dévale la pente neigeuse pieds nus. Elle terminera sa prouesse les fesses au frais, posant pour une photo type plage.

On continue notre ascension prudente vers le col, face aux cailloux qui roulent sous nos pieds. Arrivés au col, on prend le chemin du sommet. Au détour d’un virage, on change de versant et là, on a une vue plongeante sur l’autre vallée avec des lacs vers au creux des montagnes.

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Photo Toto Caribo

Vue un peu trop plongeante à mon goût. La peur du vide fait son apparition. Avec Silvère, j’essaie de progresser un peu mais chaque virage aérien me met franchement mal à l’aise. Les jambes tremblantes, je décide de m’arrêter, je tiens à être encore capable de redescendre avec tous mes esprits.

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Photo Toto Caribo

Silvère poursuit un peu pour aller au sommet, mais quelques centaines de mètres plus loin, le sentier devient franchement exposé au-dessus du vide avec des passages d’escalade. Il n’est pas à l’aise non plus. Demi-tour.

On est quand même ravis de cette belle ascension, d’avoir dépassé nos limites et atteint cette altitude ! On piqueniquera au col, face au panorama. Nous redescendrons par le même chemin, nouveau passage ludique sur le fameux névé géant. Comme des enfants on joue avec la neige, on fait des glissades et des photos rigolotes.

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Photo Fliflounette

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Photo Toto Caribo

On retrouve notre carrefour de chemins et cette fois on part en direction de la grotte de glace. Nouvelle ascension de 500 m de dénivelé pour déboucher sur une immense caverne dont l’entrée est presque occultée par une épaisse couche de neige noircie de poussière. Au fond, en contrebas, on aperçoit des stalagmites de glace encore intacts. Impressionnant phénomène qu’on a la chance de voir en plein mois de juillet.

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Photo Toto Caribo

Ereintés, on redescend au camping en jouant à saute-rochers dans un relief de dépressions, de sursauts rocheux et de névés, rendant notre progression très lente. Notre pas est automatique tellement la fatigue est grande. Mais quelle journée de bonheur !

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Photo Fliflounette

Chiffres : 19km, 1500 m de dénivelé, 11h30 de marche, photos comprises.

On s’offrira une autre randonnée deux jours après en montant au Šavin Kuk, 2313 m, mont qui domine la station de ski. De là-haut, la vue panoramique sur l’ensemble du parc est fantastique. Au retour, le petit extra sera le tour du lac de Crno Jezero, voisin de notre camping, qui sera l’occasion d’une bonne baignade dans des eaux aux couleurs méditerranéennes.

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Photo Fliflounette

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Photo Toto Caribo

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Photo Fliflounette

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Photo Fliflounette

D’autres petits randonnées dans le parc nous ont également émerveillées tout en faisant travailler nos gambettes. On est fin prêts pour s’attaquer à un deuxième parc, le Biogradska Gora !

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Photo Toto Caribo

Florence.

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