Tirana, une capitale qui envoie

Après quelques heures de stop dans la campagne albanaise, hop, nous voilà arrivés à Tirana, la capitale.

D’emblée, en pénétrant dans les faubourgs, le choc ! Le chaos de la ville nous arrive en pleine tête. Et oui, celle qu’on avait cherchée à Podgorica (et pas trouvée) est là, celle des Balkans, tout se mêle et s’enchaîne, dans un chaos plus ou moins organisé. Des barres d’immeubles colorées, des maisons sans âges à moitié en construction, des poubelles rôtissant au soleil, des magasins partout déversant leur bric-à-brac sur le trottoir, on est dans la ville.

Après 10 minutes de marche dans le centre, on trouve facilement un hôtel. Après des négociations rondement menées, les prix baissent et hop, on découvre la chambre au style particulier. Faux tableaux aux murs, tapisserie rouge vermillon, rideaux de pseudo velours violet. SOS maison close, bonsoir…

Malgré ça, la terrasse de l’hôtel est très sympa, idéale pour les cafés et les petits-déjs, avec une grande pergola de vigne vierge et de l’ombre, salvatrice sous les 40 degrés étouffants.

Après la douche, on part à la recherche d’un restaurant pour soulager nos estomacs affamés. À se promener dans la ville on est vite frappés par cette urbanisation folle, chaotique, anachronique presque. Tirana s’est bâtie en 50 ans, avec l’exode rural massif des campagnes venant gonfler la population de la ville. Donc le plan de la ville est impossible à dresser, des rues, ruelles, impasses, cul de sac sans fins. Les styles architecturaux sont indescriptibles, mais bien souvent les maisons, magasins et immeubles ne sont pas finis, avec seulement quelques étages habités; les rues de piètre qualité, et les règles de circulation rarement respectées.

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Photo Toto Caribo

Seule organisation, la présence des magasins dans la ville. Ils semblent être regroupés par corporation de métiers; les vendeurs de souvenirs entre eux et les boucheries toutes dans la même rue. En cherchant un restaurant, on tombe sur une rue pleine de magasins de produits d’occasions, cavernes d’Ali Baba, bric-à-brac d’électroménager, meubles, bibelots divers et variés. Un vrai marché aux puces.

La ville nous présente aussi sa population, jeune, dynamique, physiquement très différente des Monténégrins. Malgré le peu de kilomètres qui les séparent, les Albanais semblent plus petits, plus en rondeur que leurs voisins, et ont la peau plus foncée. Aussi, ils roulent moins les mécaniques !

On est aussi frappé par la pauvreté et le système D en place dans cette fourmilière. Une myriade de petits métiers comme des cireurs de chaussures, vendeurs de briquets, de maïs grillé, de graines diverses, de 3 ou 4 légumes, de babioles, arroseurs de trottoir, personnes qui récupèrent le plastique sont partout. On a même vu un garçon qui pesait les gens sur une vieille balance des années 60, pour 20 Leke (environ 0,15€).

La pauvreté est aussi là, des femmes et des enfants dorment sur des cartons, sur les trottoirs, sous l’œil indifférent des passants. Des familles (de Roms semble-t-il) dorment et vivent dans les parcs de la ville, bref, la crise et les difficultés économiques se font cruellement sentir ici.

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Depuis le musée national
Photo Toto Caribo

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Photo Yann

La journée suivante commence avec un petit-déjeuner marqué par une rencontre inattendue. En train de manger nos Muesli énergisant, on voit débouler par terre une petite tortue de terre, Caroline de son petit nom, elle déambule sur la terrasse avec tout le naturel du monde et personne ne semble étonné. On comprendra plus tard que les tortues sont partout en Albanie. Surtout présentes à la campagne et en montagne, on en a croisé de nombreuses, déambulant dans les fossés, rentrées dans leurs carapaces, et malheureusement parfois en carpette sur les routes, mais les chauffeurs les évitent pour la plupart et semblent avoir une tendre affection pour l’animal.

Donc mercredi, on veux jouer aux vrais touristes et on est prêts pour musées, expos, et tutti quanti. Le hic, on doit se trouver dans la ville la moins touristique de l’univers. Difficile d’obtenir des informations et même à l’office du tourisme, c’est chaud cacao. On visite malgré tout le musée national, qui retrace l’histoire du pays, la préhistoire, les principautés balkaniques du Moyen-Âge, et la prise d’Indépendance en 1912. De nombreux documents, infos, tableaux, objets… mais le tout en albanais. Un peu (énormément) frustrant, car on ne comprend rien. Donc on ne se laisse pas abattre et c’est parti pour 2 heures d’histoire inventée, avec l’invincible armada albanaise, la face cachée de la population de l’année 1442, avec des géants du Moyen-Âge et leurs épées de 2,50 mètres. Bref, des vertes et des pas mûres…

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Entrée du musée national
Photo Yann

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Photo Toto Caribo

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La salle de la lutte anti-fasciste
Photo Toto Caribo

Autre visite super, la mosquée Et’hem Bey, sur la place principale, véritable chef d’œuvre avec son dôme orné de peintures et sa présence calme et rassurante au sein du vrombissement des voitures.

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Photo Yann

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Photo Yann

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Photo Yann

Le soir, c’est soirée disco ! Direction le quartier jeune et branché pour voir une autre facette de la ville. Des bars et des restos partout, avec des musiques plus fortes les une que les autres, une clientèle jeune, sur son 31, et qui sirote des cocktails. Petit extrait de ce florilège musical, notre muse à tous, Aurela Gace et son tube interplanétaire Boom Boom Boom:

Quand on déboule dans le bar/club, on se fait gentiment dévisager de la tête aux pieds, oui, on est en t-shirt, short, tong, donc rien de très affriolant pour la clientèle, jeunesse dorée et branchée locale. Elle semble insouciante au vacarme musical du bar et sirote des cocktails hors de prix tout en regardant des défilés de mode sur l’écran plasma… Albanie, terre de contrastes.

La soirée est courte, car tout d’abord on fait tâche dans cette branchitude, et surtout demain, la mer ! Une longue journée de marche et de stop nous attend pour enfin se baigner !

Yann

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Photo Toto Caribo

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Photo Toto Caribo

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3 réflexions sur “Tirana, une capitale qui envoie

    • Bonjour, malheureusement, je ne me souviens pas du nom de la rue ni de sa localisation exacte dans Tirana… En flânant autour du musée historique, vous devriez tomber dessus, c’est tout ce que je peux vous indiquer !

  1. toujours, et encore, nous nous régalons à la lecture de votre carnet de voyage ! Un grand merci ! je comprends que vous soyez impatients de vous baigner…En attendant la suite, grosses bises. Maman.

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