Chou blanc sur la côte albanaise

Après la folie de Tirana, nous décidons de nous rendre sur la côte albanaise car ce serait l’occasion pour nous tous de goûter à l’Adriatique, ses eaux chaudes, son soleil qui pourrait faire disparaître ce bronzage typique des randonneurs imprimé sur notre corps…

Nous nous mettons d’accord pour rejoindre Vlorë, que nous atteignons en stop. Bienvenue dans une grosse ville balnéaire grouillante de jeunes gens en tenue de plage la journée et le soir, en tenue de soirée. Un paseo géant a lieu, on commence à être habitués. La différence en Albanie est que celui-ci s’arrête relativement tôt car à 22h, il y a déjà beaucoup moins de monde dans les rues.

C’est de Vlorë que commence notre périple sur la côte. Nous décidons de marcher jusqu’à la petite ville d’Orikum, point de départ de chouettes randonnées sur une péninsule déserte. Nous longeons le bord de mer à pied et nous comptons sortir de la ville pour nous offrir une première baignade à l’écart de l’agitation urbaine. Les Albanais locaux et émigrés (Autriche, Suisse, Italie, Grande-Bretagne) de retour au pays pour les vacances, ainsi que les Kosovars ont eu la même idée que nous, ce qui fait que l’on se demande s’il y aura de la place pour tout le monde sur la plage.

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Photo Toto Caribo

Les familles débarquent en masse sur le bord de mer pour y passer la journée, avec pique-nique, accessoires de plage, femmes et enfants, frères et sœurs, créant des embouteillages le matin pour se rendre à la plage le soir pour rentrer à la maison. Un rythme estival auquel les automobilistes doivent s’habituer et prendre leur mal en patience.

Au fur et à mesure que l’on avance sur cette route côtière, les voitures ne cessent de nous dépasser, pleines de familles qui partent à l’assaut de la mer. Et notre coin tranquille, on ne le trouvera jamais. La côte à partir de Vlorë est une immense succession de bars, restaurants, hôtels qui se disputent le moindre galet donnant sur la mer. Une grosse partie du littoral est donc privatisé, avec des règles de construction plus ou moins harmonieuses et légales. Pour se baigner, il faut donc s’installer à un bar ou louer un transat sur une plage aménagée. Les plages publiques, elles, sont dépourvues d’aménagement et quand elles ne sont pas transformées en déchetterie, la couleur de la mer ne donne guère envie de s’y baigner.

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Photo Toto Caribo

Nous avons pu néanmoins barboter allégrement, regarder les herbiers de posidonie qui dansent sous nos ventres blancs, profiter de cette eau presque trop chaude pour faire quelques brasses, histoire de ne pas ramollir nos bras que la randonnée ne sollicite pas.

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Arrivés à Orikum, nous concentrons notre attention sur cette fameuse péninsule que l’on a repérée sur la carte et notre objectif est de trouver un maximum d’informations pour voir si on peut y passer plusieurs jours en totale autonomie de vivres et d’eau. Bonne surprise, en arrivant dans la ville, un point d’information sous forme de guérite nous tend les bras. Très étonnés mais ravis, on s’adresse à la jeune femme qui y travaille pour poser nos questions.

Patatras, selon elle, la péninsule n’offre aucun point d’eau ni mini-market (petite épicerie), ni restaurant. Ou peut-être que si, il y aurait un restaurant, mais pour le situer, là, c’est une autre affaire. Force est de constater que nous ne pouvons donc pas nous y rendre plus d’une journée car étant donnée la chaleur du moment, il faudrait porter au moins 7 L d’eau pour deux jours, soit 7 kg auxquels s’ajouteraient les kilos de nourriture… Bref, impossible. On se rabat sur l’idée d’aller faire une grosse randonnée à la journée, sur cette même péninsule déserte. On mise sur du stop pour rejoindre la pointe et revenir à Orikum à pied, soit une belle promenade de 30km.

Pour réfléchir à notre stratégie, on s’installe à un café pour siroter un soda. En discutant avec le serveur, on apprend que si la zone est déserte c’est tout bonnement parce que c’est un terrain militaire. Merci la carte qui ne l’indiquait pas ! Le serveur nous rassure en nous disant qu’en payant un petit peu, en graissant la patte du garde donc, on peut y rentrer sans problème. Comme on tient à randonner, on se dit que c’est un moindre mal et qu’on ne sera pas descendus jusqu’à Orikum pour rien. Merci à la personne du point information de la ville qui n’était visiblement pas au courant qu’elle avait pour voisins la Marine Nationale !

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Photo Yann

Le lendemain, frais et motivés, on prend un dernier café avant de nous avancer  vers le poste militaire. Au check point, on explique notre projet. Réponse du garde : « vous ne pouvez pas entrer à pied. Si vous avez une voiture, d’accord, mais à pied, non. » On essaie de négocier en inventant qu’on souhaite visiter le site archéologique à proximité. Toujours non. Il nous faut à la rigueur se présenter en taxi, donner un petit billet au gradé et là, on pourrait rentrer. De notre côté, il n’en est pas question. Demi-tour à la case départ. L’orage d’anthologie auquel on a droit quelques heures après nous fait oublier nos regrets de n’avoir pas randonné.

Le tourisme en Albanie est encore naissant et cet exemple montre bien qu’il y a une tentative d’organiser un peu les choses, en fournissant des informations aux éventuels visiteurs de passage dans la région. L’hébergement en hôtels ou en chambres chez l’habitant est plutôt bien rôdé mais l’information sur les sites touristiques est particulièrement incomplète voire contradictoire. L’exemple d’Orikum est criant.

A Berat, autre point de chute pour nous, on aura droit au même gag concernant le prix de la visite de la citadelle : la jeune femme du point d’information touristique nous indique la gratuité du site, le monsieur de la chambre d’hôtes nous annonce que c’est 50 leke (un peu moins d’un euro) et arrivés sur site, le prix véritable est de 100 leke.

Les exemples sont nombreux. Par conséquent, pour la suite de notre séjour en Albanie, on se méfiera systématiquement des informations que l’on nous transmet ou de ce que l’on peut trouver sur notre carte, qui clairement, est très imprécise. Cependant, cela ne doit pas décourager pour autant le touriste. L’essentiel est de prendre le temps de bien se documenter avant de planifier quoi que ce soit en Albanie, pour éviter les déconvenues. L’Albanie a un énorme potentiel touristique et il faut encourager le développement d’un tourisme de qualité car vraiment, c’est un pays qui en vaut la peine !

Florence

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Plage d’Orikum
Photo Toto Caribo

 

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