Albanie côté campagne

Dimanche 11 Aout, 13h00. Nous laissons derrière nous la côte adriatique aux touristes albanais et autres kosovars.

Sous un soleil de plomb, nous partons à l’assaut des campagnes albanaises. Première colline. L’asphalte dessine des lacets qui serpentent à travers des prairies d’herbes sèches et de chicorées en fleurs.

Des tortues de terre traversent la route, indifférentes au passage des voitures qui menacent pourtant de les transformer en carpette, comme en témoignent les carcasses éventrées de consœurs moins chanceuses.

 

Premier village

Ces Mercedes sont un spectacle digne des films de Kusturica. Elles sont bondées d’hommes portant marcels blancs et borsalinos, la peau tannée par le soleil, les cheveux noirs et le visage parfois agrémenté d’une moustache.

Etonnés de nous voir marcher ici, ils nous gratifient de quelques signes d’encouragement, parfois d’un « shumir » (Très bien !).

Rapidement l’asphalte cède la place à un large chemin de terre carrossable.

Détail symbolique qui nous rappelle que nous sommes bien en territoire albanais : un poteau électrique en béton, brisé en deux, a été rafistolé grâce à une attèle de planches.

Nous apercevons un premier hameau après 1h30 de marche. Quelques maisons de pierres qui surplombent une colline. Nous sommes à sec, plus une goutte d’eau. Il nous faut remplir les bouteilles.

Alban

Un jeune homme vient à notre rencontre. Torse nu, sec, bronzé, le regard rieur. Il comprend que nous voulons de l’eau, s’absente une minute et revient une bouteille d’eau bien fraîche à la main.

Il comprend où nous voulons nous rendre grâce à quelques mots d’italiens appris en regardant des séries diffusées à la télé albanaise. Spontanément, il décide de nous accompagner à Riban, le village suivant.

Abrutis par la chaleur, le ventre creux, nous avions dans l’idée de faire une pause et de laisser filer les heures les plus chaudes. Mais nous ne voulons pas froisser notre hôte.

Le chemin s’enfonce dans une forêt de pins. L’ombre est salvatrice.

Le jeune homme se présente, Alban, 21 ans. Sa voix est étonnante, passant sans prévenir des graves aux aigus. Son sourire est enfantin. Son innocence, sa spontanéité, sa gentillesse nous désarçonnent.

De temps en temps son portable retentit, un rire de bébé pour toute sonnerie.

La balade est rythmée par le claquement produit par ses claquettes bleues, trop petites pour lui, percutant ses talons à chaque pas.

Dans un virage un tuyau noir, surgissant de nulle part, achemine de l’eau provenant de la source d’Alban. Nous remplissons les bouteilles et nous nous rafraichissons les mains et le visage.

A table !

Plus loin, une barrière de branches tressées délimite les cultures d’Alban : verger, vigne, potager, maïs ici le barbelé n’a pas le droit de cité. Depuis notre arrivée à Dubrovnik il y a un mois,  nous n’avons quasiment croisé que de petites parcelles délimitées par des barrières de bois, donnant à la campagne un aspect bucolique.

Alban nous fait signe de nous asseoir à l’ombre et file dans son champ, revenant quelques minutes plus tard, deux sacs à la main, remplis de tomates, de poires, de raisin et de deux beaux melons fraîchement  cueillis.

Alban s’essuie les mains sur des fougères, aménage une nappe avec quelques feuilles de chêne  posées sur le sol et découpe le melon en tranches.

Il nous distribue les parts une à une et nous accompagnons le tout de biscuits achetés la veille. Ce repas improvisé réjouit nos estomacs vides.

Alban nous regarde manger amusé et parle sans fin. Nous ne comprenons que quelques bribes mais qu’importe il est intarissable !

Son père vit en Grèce comme musicien, c’est ce que nous comprenons…ou pensons comprendre.

Au revoir Alban

Nous reprenons la route et croisons un jeune berger et ses brebis. Il échange quelques mots avec Alban.

Les deux chiens du berger s’approchent de nous, menaçants. Alban lève les bras et crie plus fort que les deux bêtes. Un des deux chiens a la mauvaise idée de s’approcher trop près. Alban lui jette une grosse pierre entre les côtes, l’animal abdique.

Nous arrivons à Riban après avoir traversé une zone de ravines de sables, profondes, creusées par la pluie.

Alban nous explique une dernière fois la route, nous propose de nous accompagner encore un peu, puis disparait après de rapides au revoir.

L’absence d’Alban se fait à la lumière du silence qui a repris ses droits.

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Fin de journée

Nous déjeunons à l’ombre, puis terminons la randonnée, demandant régulièrement notre chemin aux gens que nous croisons.

La campagne est digne des campagnes françaises d’avant remembrement : vivante, champêtre.

Le moteur à explosion semble ici inconnu. Tout le monde se déplace à dos d’âne comme cette jeune fille et son père, équipés de jerrican, partant chercher de l’eau.

Nous longeons un lac. Deux jeunes bergers ramènent leurs moutons à la bergerie tandis qu’une ancienne, foulard blanc, robe noire, mène, en laisse, une vache au bord de l’eau.

Nous traversons un dernier hameau, contournons une montagne et trouvons une prairie pour poser notre campement.

Nous mangeons une dernière fois, face à la montagne. Le spectacle est grandiose.

Le soleil se couche doucement, le temps d’embraser la montagne alentour.

Puis la lune, rousse, prend le relais. Les étoiles une à une apparaissent.

Commence alors le chassé-croisé des satellites et des étoiles filantes.

Repus, enivrés par le spectacle, assommés de fatigue nous nous endormons.

Silvère

NB : Suite à un problème technique, nous ne sommes pas en mesure de publier nos propres photos. On croise les doigts pour régler ça au plus vite !

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