Une femme à poigne

21 août, Kočani, Macédoine.

Une ville qui n’est pas touristique est une ville  qui dispose  de peu d’hôtels. Kočani est de celles-là. On y trouve un seul  hôtel dans le cœur de ville, au standing bien trop élevé pour nos bourses d’aventuriers au long cours.

En cette fin de journée, les trottoirs sont grouillants, les commerçants conversent entre eux, sur le seuil de leurs boutiques, parfois autour d’un café.

Toujours à la recherche d’un lieu pour dormir, nous nous adressons à un groupe de 3 femmes assises devant une des nombreuses boutiques de vêtements, sur des petits tabourets colorés en plastique. Comme d’habitude, nous nous assurons qu’au moins l’une d’entre elles parle anglais. Une blonde, peu assurée de bien comprendre nos propos, écoute pourtant notre question avec attention. Où pourrait-on trouver un hôtel ou une chambre chez l’habitant ici, moins cher que celui du centre ville ?

Une femme d’une quarantaine d’années, cheveux longs, frisés et châtains, aux beaux yeux bleus, qui a saisi notre question, nous indique avec ses quelques mots d’anglais, que probablement, à la sortie de la ville, l’hôtel National saura nous satisfaire. İl faut prendre un taxi car il est à environ 2 km d’ici.

En guise de fin de conversation, la femme nous précise le tarif théorique de la course car si le conducteur entend que l’on parle anglais, il gonflera son prix. Un clin d’œil complice aurait parfaitement pu ponctuer la fin de sa phrase. Ce conseil avisé nous rend soudain plus proche, cassant la distance naturelle et parfois regrettable qui existe entre le touriste et les autochtones. Une complicité face aux petits travers de leurs compatriotes.

Au moment où nous apprêtons à rejoindre la file de taxis, la femme athlétique se lève finalement pour nous accompagner, pour être sûre qu’on ne se fera pas rouler dans la farine. Commence alors une longue explication entre elle et notre chauffeur de taxi. Même si on ne comprend pas le dixième de ce qui se dit, on sent très nettement que ce petit bout de femme d’1.60 m a le dessus dans la conversation. Le chauffeur de taxi devra agir exactement selon ses instructions :

–          La course devra coûter 1 denar, pas plus.

–          Le chauffeur devra attendre avec nous la fin de la négociation à l’hôtel

–          Le chauffeur devra également participer aux négociations en expliquant au gérant exactement ce que nous cherchons.

Après s’être assurée que le chauffeur a bien tout saisi, elle nous quitte modestement, certaine de la suite des évènements. Nous la remercions chaleureusement de son aide précieuse, elle s’en va retrouver ses collègues commerçantes en levant la main d’un air de dire « c’est bien normal ! »

Florence

we-can-do-it

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