Bulgarie, premier contact

Jeudi 22 Août, frontière salade/yaourt

Malgré l’aide de Tony Goldy nous ne trouvons personne à la frontière pour nous véhiculer jusqu’à  Sofia. Lassés d’attendre, nous reprenons la marche  tendant le pouce dès qu’une voiture passe.

Finalement, nous sommes récompensés. Après un petit kilomètre de crapahute sur le bitume, un énorme camion s’arrête.

Pour monter à bord nous devons escalader une à une les quatre ou cinq marches menant à la cabine.  Nous découvrons alors un conducteur  rond,  très rond, sourire bonhomme. Ses énormes mains aux ongles longs et noirs dirigent nonchalamment un volant large comme un généreux plat à huitres.

Ses pieds sont nus, la conduite est souple. Le camion avance lentement, souffre sans se plaindre dans les côtes, ce qui renforce le sentiment générale de sérénité, pittoresque ensemble.

Sur le tableau de bord un passeport bulgare, quelques papiers et des prunes que nous sommes invités à déguster.

La radio est cassée. Un voyant lumineux rouge clignote s’acharnant, inlassablement, à alerter le chauffeur d’un problème  technique  quelconque.

Celui-ci n’est pas causant. Il parle quelques mots d’espagnol appris laborieusement à Valencia. İl y a vécu quelques temps, exerçant comme chauffeur routier, bien entendu.

La Bulgarie semble moins exubérante que ses voisines. Pas de maisons démesurées, mais des villages simples, tranquilles.

Il nous dépose à environ 30 km de la frontière aux abords de Blagoevgrad. İl quitte la grande route pour une livraison qu’il doit faire en campagne.  Ensuite,  il repart pour Sofia. Peut-être qu’il  nous croisera en repartant…

Nous avançons à pied vers Blagoevgrad et atteignons une bretelle d’autoroute où nous espérons trouver un co-voitureur.

Les minutes s’égrainent et nous nous décourageons. Personne ne souhaite nous prendre.

Nous trouvons un bout de carton sur lequel nous notons « SOFİA » d’un côté et « софиан» de l’autre. Les conducteurs que nous croisons sont au mieux amusés par notre panneau, au pire, indifférents. La partie s’annonce compliquée  et nous ne pouvons avancer étant trop  près de l’entrée de l’autoroute.

Lorsque nous n’y croyons plus un camion stoppe sa course à notre hauteur : c’est notre chauffeur routier !

En guise d’accueil il nous gratifie d’un large sourire. C’est reparti.

Dans la cabine, la conduite souple de notre hôte aidant, tout  le monde tombe de sommeil. Je passe une partie de la route à proximité des bras de Morphée…

Les faubourgs de Sofia apparaissent enfin après une journée de 187 km de stop et quatre conducteurs différents.

Le chauffeur  lui  ne rentre pas dans Sofia, il doit filer vers  le nord. Il immobilise le camion près de tours d’habitation en bien piètre état.

Nous nous apprêtons à lui serrer la main et à le remercier chaleureusement comme nous le faisons habituellement. İl nous coupe dans notre élan en nous demandant dix euros. Nous sommes un peu surpris, perplexes.  Jamais depuis que nous faisons du stop dans les Balkans on  ne nous avait demandé le moindre centime. L’accord tacite dans ce cas de figure nous parait clair : acte désintéressé. Nous n’avons de toute façon pas d’argent sur nous.

Il nous propose de nous accompagner à un distributeur. C’est non.

Nous le quittons gentiment mais fermement, ébranlés  par ce premier contact avec la Bulgarie…

Silvère

10euros

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