Sofia, le charme d’antan

Parmi nous, les avis sont plutôt partagés sur la ville de Sofia, mes compagnons de route n’étant pas forcément charmés par la ville, sans doute parce que c’est une ville qui, de notre point de vue, manque un peu de chaleur tant dans le paysage urbain que dans le peu de contact qu’on a eu avec la population locale.

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Boulevard Todor Alexandrov
Photo Toto Caribo

Un contraste détonnant

Un contraste malheureux s’opère dans les rues entre le moment où le soleil se lève et l’instant où les rues s’assombrissent progressivement en fin de journée. Le centre-ville, vidé de sa population branchée, des travailleurs, des classes moyennes et aisées, dévoile alors toute la misère de la capitale. L’alcool et la drogue semblent faire ici des ravages comme en témoignent ces gens titubants ou vautrés dans les pelouses, ces personnes qui mendient ou fouillent les poubelles, péniblement en manteau épais quand nous sommes en t-shirt. La misère touche un large spectre de la population : jeunes, personnes âgées, hommes, femmes… Nous avons rendez-vous avec ce triste tableau chaque soir.

Le traditionnel paseo que l’on retrouve dans chacun des pays traversés contraste cruellement, montrant une autre image de la ville. Résolument branché et lieu de rendez-vous de la capitale bulgare, le boulevard Vitosha, exclusivement piéton, s’anime chaque soir jusque tard dans la nuit. Les cafés et restaurants sont pris d’assaut par des grappes de jeunes et moins jeunes qui viennent profiter là d’un moment en famille ou entre amis. La Zagorka, bière locale, est la reine de la soirée devant laquelle se prosterne l’essentiel des noctambules.

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Photo Toto Caribo

Free Sofia Tour

Les quelques jours passés à Sofia nous ont également permis de profiter d’une visite gratuite de la capitale dans le cadre de l’opération Free Sofia Tour. Grâce à Nikola, notre jeune guide patriote, on a pu se promener dans les sites symboliques de la capitale : églises orthodoxes et catholiques, mosquée, et synagogue, symbolisant le « carré de tolérance », preuve de la mixité religieuse de la ville. En riant, le guide ajoute que McDonald’s, vanté par une immense peinture sur un immeuble, est devenue la 5eme religion du pays…  Plus loin, nous nous arrêtons devant des anciens bains publics, installés au-dessus du jaillissement d’une source chaude. Le potentiel thermal de la ville est connu depuis l’antiquité.

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La synagogue
Photo Toto Caribo

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Mosquée
Photo Toto Caribo

Des bonds de quelques centaines d’années nous permettent de jongler entre l’histoire communiste de la ville, les différentes phases de la construction de l’état bulgare, ou les personnages culturels clés tel Ivan Vazov (poète, romancier et dramaturge du 20ème siècle). L’histoire contemporaine est également évoquée : l’influence de la Russie dans la politique bulgare reste visible à travers l’église Alexandre Nevski, cadeau offert aux Russes pour avoir délivré le peuple bulgare du joug ottoman au 19ème siècle. Pouvant accueillir 5 000 personnes, l’église cathédrale abrite aujourd’hui le patriarche de Bulgarie, dans un décor composé des matériaux les plus précieux (marbre d’İtalie par exemple).

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L’église Alexandre Nevski
Photo Fliflounette

L’actualité des manifestations quasi-quotidiennes à Sofia est rapidement décryptée par Nikola qui nous explique que les protestataires accusent le gouvernement de fonctionner en oligarchie, plaçant aux postes clés du pays des gens dont le passé est qualifié par notre guide de « mafieux ».

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Grand centre commercial d’architecture communiste
Photo Fliflounette

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Gardes devant un édifice institutionnel
Photo Yann

Paysage urbain des années … ?

La visite proposée le matin nous a donné envie de poursuivre la promenade urbaine dans le centre-ville, un centre-ville qu’on pourrait qualifier d’historique mais seulement parce qu’il regroupe un certain nombre d’édifices clés de l’histoire bulgare. La ville n’a en effet pas de centre historique, un quartier ancien qui daterait d’une période précise de l’histoire, comme on peut en trouver dans presque toutes les capitales européennes.

Le paysage urbain de Sofia est donc particulièrement anachronique avec ses églises vestiges de l’époque ottomane, ses bâtiments massifs et imposants de l’ère communiste, ses faubourgs bétonnés et ses nouveaux bâtiments institutionnels modernes. Mais ce qui frappe le plus à Sofia, ce sont les transports publics.

Prendre le bus, le tramway, ou le trolley à Sofia c’est voyager dans une machine à remonter le temps. Extérieurement, les véhicules ressemblent à de vraies antiquités qui feraient le bonheur des collectionneurs. Et l’intérieur aussi ! Vieux sièges en cuir, composteurs de tickets manuels, des petits boitiers métalliques oranges qui percent 3 petits trous dans nos rectangles de papier bleu… Surtout, les bruits de moteurs, suspects pour un touriste sont tout à fait normaux pour les locaux. Une odeur forte de fuel dans le fond du bus ? C’est normal, la séparation inexorable de deux plaques du sol à l’arrière du bus laisse entrevoir un bout de la mécanique et sans chercher plus, la chaleur étant intenable à cet endroit, c’est tout normalement qu’on rejoint les autres passagers à l’avant du bus.

bus sofıa

flickriver.com

tramway sofıa

123rf.com

trolley

flickriver.com

Reste une énigme autour du paysage urbain de Sofia, ces petites guérites perchées sur les trottoirs de la ville, à quoi servent-elles ? Si quelqu’un peut éclairer notre lanterne…

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Derrière la guérite, une statue monumentale de Sainte Sophie, qui fait polémique car elle ne correspond pas véritablement aux origines de la ville et le décolleté est jugé trop plongeant au goût des habitants.
Photo Toto Caribo

On aime Sofia…

–          Pour ses chaines de restauration rapide qui proposent des formules salade + soupe + boisson pour 3 francs 6 sous…

–          Pour la recherche interminable de journaux français. Alors que ça fait plus d’un mois que nous sommes partis, la soif d’actualités françaises et surtout, de lecture font que Sofia devient un grand terrain de recherches infructueuses. Nous avons demandé à de nombreux commerçants, sans succès. Ce n’est que le dernier jour, juste avant de quitter la capitale, que nous tombons sur la perle rare. Dans un kiosque du boulevard Vitosha, un Science & Vie datant du mois de mai 2013 était en train de se faire oublier, caché derrière des magazines beaucoup plus récents, et surtout, bulgares. Notre joie est sans nom (petit bonheur simple du voyage) !

–          Pour la possibilité, en deux coups de tramway et bus, de rejoindre un havre de nature, le parc du Vitosha et son sommet à 2290 m. De la montagne pour quitter l’agitation urbaine, un luxe qu’apprécient beaucoup les habitants de Sofia. On s’est joint à eux le temps d’une journée et on s’est régalés. A lire ici.

Florence

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