Un couac à la frontière

Jeudi 5 septembre 2013, passage de la frontière turque, direction Byzance

Nous rangeons nos affaires, quittons l’hôtel et prenons un taxi pour rejoindre la gare routière ou le bus de 10h00 doit nous conduire à Istanbul.

Nous sommes accueillis par les deux chauffeurs qui vont se relayer pendant le trajet et par une jeune hôtesse, élégamment vêtu de noir et de blanc.

Dans le bus des gens de tous âges. Certaines anciennes portent un voile discret.

Il est une constante qui ne se dément pas de Dubrovnik à Istanbul : les hommes portent le marcel. Il se devine souvent sous un maillot ou une chemise. Cette habitude qui a désertée l’hexagone depuis bien longtemps se porte bien ici. Le marcel, vêtement tendance de 7 à 77 ans. Les chauffeurs du bus n’échappent pas à la règle.

Derniers kilomètres en Bulgarie

Le chauffeur démarre et le bus se met en branle pour quelques heures de route.

L’hôtesse nous distribue cafés, gâteau, eau de source.

Dehors, la campagne défile, simple, monotone.

Le bus arrive au poste frontière. Première arrêt côté Bulgare. Les passagers sont invités à descendre. Nous passons chacun notre tour devant une femme en uniforme, cheveux permanentés. Elle regarde les passeports un à un, rapidement et nous invite à avancer.

Nous remontons dans le bus et nous dirigeons vers le poste frontière turc. L’endroit est moderne, comparable aux péages flambant neuf de nos autoroutes.

Sur la gauche une immense galerie commerciale propose l’incontournable zone duty free.

La Turquie se fait attendre

Aucun véhicule ne passe la frontière. Tout est à l’arrêt dans la dizaine de voies dédiées aux voitures ainsi que dans celle des bus.

Nous ne comprenons pas bien ce qui se passe mais comme personne ne s’affole nous prenons notre mal en patience.

Les  passagers stoïques descendent un à un s’installant sur un bout de trottoir ombragé à proximité du bus. Nous abdiquons et descendons à notre tour.

Un des deux chauffeurs, moustachu, offre des raisins aux passagers assis sagement face au bus, puis s’assoit sur le bord de la soute, discutant, souriant, avec eux tout en entamant son pique nique.

Le temps passe et l’ambiance reste bon enfant. Nous aurions sûrement déjà assisté à des scènes d’hystérie en France, le fameux « usager pris en otage » qui ne pense qu’à sa pomme…

Une vieille dame assise à ma gauche, voilée, de grosses lunettes sur le nez, me tend son mobile et une carte SIM. Elle aimerait que j’enlève la carte bulgare et rentre la turque. Ravi de pouvoir rendre service nous nous exécutons.

Une autre nous entend parler français et nous aborde. Petite, cheveux courts, frisés, la cinquantaine son regard doux nous fixe. Elle parle français parfaitement. En effet, cette Turque de Bulgarie vit à Paris avec son mari, Grec, depuis de nombreuses années. Elle a travaillé longtemps dans un hôtel. Mais, maladie du travail oblige, elle a du arrêter nous dit elle.

Elle se rend pour le week-end à un mariage à Istanbul.

Elle nous apprend par la même occasion la cause de cet arrêt prolongé : une panne informatique. Les lectrices électroniques de passeport sont H.S.

Pour tromper le temps et l’ennui nous nous promenons dans la galerie marchande, lisons.

Certains commencent à s’impatienter et un concert de klaxons gronde.

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Panne informatique à la frontière turque
Photo Fliflounette

Istanbul, nous voilà !

Puis après quatre heures d’attente les machines semblent enfin réparées. Les voitures avancent de nouveau et nous sommes invités à remonter dans le bus. Nous faisons 50 m, descendons, donnons nos passeports, remontons, faisons 10m, redescendons.

Nous posons nos sacs sur une table où les douaniers les inspectent.

–          Where are you going ?

–          Istanbul.

–          Ok !

Nous reprenons la route. Le seul magazine dont nous disposons, Science et Vie acheté à Sofia, est lu et relu. Rien n’y a échappé pas même les conditions de vente de la nouvelle Renault Zoé.

Dehors, un noir opaque. Quelques rares lumières agrémentent l’horizon.

Nous arrivons enfin dans les faubourgs d’Istanbul. Au lieu des bidonvilles que nous avions inconsciemment imaginés nous traversons une zone où se côtoient de hautes tours flambantes neuves et des mosquées aux proportions imposantes. Le sentiment de rentrer dans Shanghai.

Enfin le bus arrive au terminus. Nous sommes invités à rentrer dans une nouvelle voiture nous menant à la gare routière.

Istanbul by night

La gare routière est une immense place circulaire, dont deux niveaux sont souterrains. Les différentes compagnies de bus du pays y ont ouvert leurs bureaux.

Nous mangeons un bout puis prenons le métro, direction Sultanahmet.

De là nous reprenons un tramway pour rallier le quartier de Beyoglü.

Dans le tram un homme, style branché, nous aborde en anglais. Il veut savoir d’où nous venons et nous conseille sur les visites à faire dans la région. A côté, sa femme en burqua tient la poussette ou leur petite fille observe, rêveuse, autour d’elle.

Nous descendons aux abords du Bosphore. Nous avons réservés deux lits dans une guesthouse, le Gakkos hostel, mais difficile de se repérer. Nous marchons un peu puis cédons, face à la difficulté.

Nous montons dans un taxi. Le conducteur voit vaguement où se trouve notre hôtel. Il démarre en trombe et  rejoint le quartier en question, une zone pauvre où les façades, d’inspiration néo-coloniale, tombent en ruines. ll demande son chemin et finit par nous déposer devant l’auberge de jeunesse.

Nous poussons la porte de l’établissement.

L’accueil est déconcertant et bien énervant à cette heure tardive, mais ça c’est une autre histoire…

Silvère

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