De Beşiktaş à Ortaköy, une douce atmosphère

Dimanche 8 septembre

C’est la première fois que l’on s’éloigne du quartier de notre auberge de jeunesse, à proximité de Beyöglu. Nous aurions pu choisir la zone ultra touristique de Sultanahmet où se trouvent les principaux monuments historiques de la ville, mais nous préférons le réserver pour plus tard. Ce qui nous attire ce dimanche, c’est la mer, le Bosphore. Notre dévolu tombe sur le quartier de Beşiktaş.

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Comme un refrain dans nos balades, nous commençons par emprunter l’avenue Istiklal jusqu’à la place Taskim que nous traversons pour rejoindre le parc Taksim, théâtre de l’origine de la contestation en juin dernier. A la sortie du parc, nous descendons sur notre droite. Nous nous trouvons nez à nez avec la reconstruction du stade Inönü du quartier de Beşiktaş, prévu pour accueillir 42 000 supporters. Ebahis par l’ampleur du chantier, nous restons quelques temps à observer le jeu des pelleteuses et des marteaux piqueurs géants.

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Photo Toto Caribo

Nous continuons notre chemin pour atteindre les rives du Bosphore. C’est le palais de Dolmabahçe qui nous accueille, avec ses  jardins au bord de l’eau. Nous ne sommes pas seuls, beaucoup de gens se promènent en ce dimanche : des touristes mais aussi beaucoup d’Istanbuliotes qui profitent du patrimoine de la ville.

D’inspiration occidentale, le palais de Dolmabahçe a été construit au 19e siècle pour accueillir la résidence impériale du sultan Abdulmecid 1er. Plus tard, au 20e siècle, lors de la déclaration de la République, c’est Mustapha Kemal, dit Atatürk qui y établira ses quartiers. 110 000 m² de dorures et de richesses baroques qui rappellent l’Opéra de Paris, mais la note ottomane de l’édifice tient en son Harem et son Selâmlık, dédié aux cérémonies et réservé aux hommes.

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Photo Wikipédia

Nous n’accédons qu’à une partie des jardins car la visite ne nous tente guère. Nous rejoignons le café du musée, au bord de l’eau pour y observer les couleurs bleues vertes du Bosphore, au milieu de visiteurs parfois arrosés par une vague un peu plus vive que les autres.

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Photo Fliflounette

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Photo Fliflounette

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Photo Toto Caribo

Nous reprenons notre marche et suivons le long cortège d’Istanbuliotes qui comme nous, quittent l’agitation du quartier de Beyöglu pour se faufiler dans les petites ruelles calmes ou se réfugier au bord de l’eau dès que possible. Nous longeons la bruyante avenue Dolmabahçe. A notre droite, un mur très long et très haut exhibe régulièrement de grandes photographies d’Attaturk, à divers moments de sa carrière politique. Le héros national est partout à Istanbul.

Régulièrement, des embarcadères permettent de rejoindre d’autres points du Bosphore, et notamment la rive asiatique. Pour nous, c’est l’occasion de nous retrouver au calme et d’observer la vie istanbuliote. Les cafés et leurs immenses terrasses sont pris d’assaut par les jeunes et les familles. Au bord de l’eau, des couples flirtent pudiquement face à la mer, des enfants jouent sous le regard bienveillant de leurs parents, des pêcheurs tentent de ramener quelques prises à la maison tandis que des ados exercent leur agilité en tirant à la carabine sur des farandoles de ballons de baudruche suspendues au-dessus des flots.

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Photo Fliflounette

Nous continuons de longer l’avenue Çırağan en tentant dès que possible, une incursion au bord de l’eau, mais les palais, les hôtels de luxe et les universités prestigieuses, barricadés derrière de hautes clôtures ne nous offrent que quelques minuscules fenêtres sur le Bosphore, se réservant égoïstement la meilleure vue.

Nous arrivons à un nouvel embarcadère, celui d’Ortaköy, situé à quelques centaines de mètres du pont du Bosphore, le Golden Gate istanbuliote. Ce quartier est très agréable. Loin de l’agitation, les petites rues souvent piétonnes renferment une multitude de petits cafés où les hommes prennent un narguilé tout en disputant d’interminables parties de backgammon, LE jeu par excellence ici. Les petits restaurants diffusent d’agréables odeurs de viande grillées qui chatouillent nos narines.

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La Kumpir
Photo Kahvaltı.biz

A Ortaköy, la spécialité culinaire est invariablement la Kumpir, une pomme de terre géante coupée en deux et garnie de maïs, cornichons, salade de crudités, olives et cubes de viande. Arrosez généreusement de mayonnaise et/ou de ketchup et c’est prêt ! Servie dans du papier aluminium, une boîte en carton ou une assiette si on prend la peine de s’asseoir dans un restaurant, elle se déguste comme un sandwich, debout, assis, couché, en famille autour des bancs. Chacun compose sa garniture auprès des dizaines de petits cabanons en bois alignés sur le quai, assaillis de commandes à l’heure du déjeuner.

Il règne ici une effervescence incroyable, comme si toute la ville s’était donné rendez-vous pour passer le dimanche à Ortaköy. Des petits vendeurs de bijoux, de petits jouets, de maroquinerie de contrefaçon sont installés sur le passage, provoquant de joyeux embouteillages piétons.

Quand nous jetons un regard en direction de la mer, un attroupement attire notre attention. Nous nous approchons et découvrons une ronde d’une trentaine de personnes en train de danser autour d’un chanteur et d’un joueur de cornemuse. Les deux jeunes hommes, yeux bleus et cheveux châtains clairs presque roux entraînent la foule dans un morceau qui va durer une bonne vingtaine de minutes.

Tandis que les spectateurs-danseurs se succèdent selon les envies et surtout, l’endurance de chacun, le musicien et le chanteur continuent le spectacle, en variant les rythmes, en orchestrant le sens de la ronde, les variations des pas, le tout avec des touches d’humour qui provoquent l’hilarité du public et des danseurs. Des perles de sueur naissent sur leur front à mesure que la danse s’éternise, sous le soleil qui perce maintenant franchement. Nous sommes charmés par ce spectacle spontané.

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Photo Toto Caribo

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Photo Toto Caribo

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Photo Toto Caribo

Quand le morceau s’arrête enfin (je dis ça pour les danseurs surtout, car pour nous c’est un régal), tout le monde se disperse et nous reprenons notre exploration du quartier. Le pont du Bosphore nous attire, et doux rêveurs, nous nous mettons en tête de le franchir à pied pour avoir un point de vue exceptionnel sur la ville. Nous scrutons le pont pour apercevoir d’éventuels piétons avant de nous engager. Rien. Pas de bipèdes à l’horizon. Nous en convenons donc que l’ouvrage est uniquement routier. Quel dommage !

Le chemin du retour commence alors, charmés par cette journée, nous rentrons en suivant le même itinéraire pour profiter des lumières du soir sur le Bosphore. Après notre pause dominicale dans le paisible quartier d’Ortaköy, la ville sombre dans une agitation de fin de journée. La ronde des bateaux est maintenant incessante avec les flots de passants pressés qui débarquent et embarquent dans un mouvement de vagues humaines amusantes à suivre.  La foule se meut tant qu’elle peut au milieu du capharnaüm des voitures, des bus et des tramways. Les pêcheurs s’alignent le long des quais, plus nombreux, les vendeurs de simit (pain circulaire aux graines de sésame), de maïs grillé et de barbe à papa tournent à plein régime.

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Photo Fliflounette

La journée nuageuse colore la ville de lumières fantastiques au soleil couchant. L’Istanbul asiatique devient ocre jaune, la Porte de l’Orient se trouve ainsi merveilleusement illustrée.

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Istanbul, côté Asie
Photo Fliflounette

Florence

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