La Corne d’Or jusqu’à Pierre Loti

10 septembre 2013

Nous voilà partis pour une longue promenade à la rencontre des quartiers situés hors des circuits touristiques d’Istanbul. En longeant le bras de mer qui s’immisce au nord de la ville, nous voulons aller aussi loin que possible, à la découverte de nouveaux univers dans cette ville multi-facettes.

Les rives de la Corne d’Or

Nous décidons de longer la Corne Dorée, cet estuaire qui se jette dans le Bosphore et qui concentre sur ses rives les quartiers les plus prisés du centre d’Istanbul : le quartier historique de Sultanahmet, celui du Bazaar, de la mosquée Süleymaniye, Eyüp en rive droite (en direction du Bosphore) et entre autres, les quartiers de Beyöglu et Galata sur la rive gauche.

Rituel quotidien, nous traversons le pont de Galata, le pont emblématique de la ville d’Istanbul. Les pêcheurs sont déjà bien installés et prêts à surveiller leurs bouchons. Beaucoup de touristes, des voitures, le tramway, et sous nos pieds, les bateaux-navettes qui transportent les Istanbuliotes sur chacune des rives de la ville.

Nous restons au plus près de l’eau, pour profiter, tant qu’il nous est possible, d’un semblant de calme en évitant les bruits de la circulation des grandes artères. Les quais sont parfaitement accessibles aux piétons que nous sommes, pour notre plus grand bonheur.

Au milieu des gros bateaux, des petits bateaux de pêche se serrent, bouées de pare-battage les unes contre les autres, et dodelinent comme des coquilles de noix à chaque remous dans l’estuaire. Des gamins, peu effrayés par les traces d’huile, les méduses et les détritus de verre ou de plastique, sautent joyeusement dans l’eau, en sous-vêtements ou maillots de bain. Le soleil matinal déjà chaud les réchauffe leurs visages insouciants.

Sur les quais, on retrouve les traditionnels petits vendeurs de riz chaud et pois chiches, de simit, de viande grillée ou de barquettes de concombre. Les quais accueillent également des bateaux-bars/restaurants qui proposent de boire un thé ou de déguster de la friture de poisson et des grillades à bord.

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Bar flottant dans le parc de Balat (derrière l’arbre, le Vieux Pont de Galata)
Photo Fliflounette

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One chaï please !
Photo Fliflounette

Une douce ambiance règne sur les rives. Lorsque l’espace est aménagé en petits parcs, les petites parcelles d’herbe sont prises d’assaut par des familles, des groupes d’amis, ou des couples. Comme les places sont chères, il faut arriver tôt le matin pour pouvoir s’installer et passer la journée. En plus du tapis ou de la grande couverture, le petit poêle individuel fait partie des incontournables. Il permettra aux convives de faire chauffer du thé pour toute la journée.

En termes de patrimoine, nous passons à proximité du Vieux Pont de Galata dont il manque la partie centrale, l’église orthodoxe de St George Patriarche, malheureusement cachée derrière des échafaudages, et nous longeons une petite portion des remparts byzantins de Théodose, classés au Patrimoine Mondial de l’Unesco.

Le quartier d’Eyüp

Après avoir traversé une grosse artère bruyante, nous nous réfugions, au hasard, dans un quartier qui nous semble particulièrement calme. Les rues sont relativement étroites, bordées de petites maisons à deux ou trois étages maximum, ce qui donne au quartier des allures de petit village.

Malgré le calme apparent, il règne ici une certaine effervescence qui nous étonne de prime abord. Beaucoup de femmes voilées, accompagnées de leur progéniture, déambulent dans les rues. Les hommes portent le chapeau de prière et sont habillés en tenue traditionnelle. Tout ces gens semblent rejoindre un même point, nous les suivons.

Nous arrivons alors sur une très belle place en marbre blanc, un vrai monument en elle-même, avec de jolies fontaines. Plus loin, l’entrée de la mosquée du Sultan Eyüp est magistrale et surtout, pleine de monde. Toujours surpris par cette effervescence, nous apprenons plus tard que cette mosquée est un lieu de pèlerinage important pour la communauté musulmane d’Istanbul.

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Le complexe religieux du Sultan Eyüp
Photo Fliflounette

Le complexe religieux renferme la tombe supposée d’Ebu Eyüp el-Ensari, un des compagnons du Prophète, tombé lors de la bataille de Constantinople. Il portait la bannière de l’Islam pendant l’assaut et le siège de la ville de 674 à 678. Cet endroit est le plus important sanctuaire islamique de la ville et le 4ème lieu sacré de l’Islam après La Mecque, Médine et Jérusalem.

Dans la cour, un impressionnant platane trône entre la mosquée, et la tombe couverte d’or, de chandeliers en argent et de céramiques d’Iznik. Dans la mosquée, les femmes peuvent se joindre aux hommes à condition de rester dans les espaces réservés, c’est-à-dire dans les couloirs latéraux, situés autour de la salle de prière, réservée, elle, aux hommes. Je suis rentrée dans la mosquée, c’est une vraie merveille.

Nous n’avons quasiment pas pris de photos dans ce quartier, par respect du lieu et de la ferveur des gens présents. Parfois, nous avons croisé de jeunes garçons, revêtus d’une tenue de satin blanc, avec une cape blanche et une coiffe. Après nous être renseignés, nous avons appris que ces petits garçons s’apprêtaient à vivre l’un des rites musulmans, celui de la circoncision qui marque l’entrée dans la foi et dans le monde des hommes. Avant le rite, les garçons sont accompagnés de leur famille dans ce lieu sacré qu’est le complexe d’Eyüp.

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Photo Ozcansunnet.com

Tout autour du complexe, les gens se pressent dans les très nombreuses boutiques religieuses. De nombreux restaurants et bars accueillent les pèlerins dans une douce ambiance accentuée par le marbre blanc de l’édifice.

Piyer Loti

Notre promenade continue en direction de la maison de Pierre Loti, orthographié Piyer Loti en turc. Nous suivons la promenade qui traverse le cimetière du Grand Eyüp où reposent de fameuses personnalités ottomanes. Nous montons progressivement parmi les tombes, nous croisons le tournage en cours d’une fiction sur Pierre Loti et nous arrivons à l’arrivée du téléphérique, un belvédère fabuleux sur la Corne d’Or.

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Cimetière ottoman et mosquée Eyüp
Photo Toto Caribo

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Tombe ottomane
Photo Toto Caribo

Les quartiers de l’autre rive sont maintenant baignés des lumières du soleil de l’après-midi, faisant ressortir leurs façades multicolores. De nouveaux quartiers se dévoilent sous nos yeux, cela nous donne des idées de balades, mais on se demande comment on aura le temps de tout faire avec le peu de jours qu’il nous reste à passer à Istanbul.

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Téléphérique qui permet de monter au café Pierre Loti
Photo Toto Caribo

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Panoramique de la Corne d’Or
Photo Toto Caribo

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Photo Toto Caribo

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Vers le Bosphore
Photo Toto Caribo

Alors pourquoi Pierre Loti ? Et pourquoi Istanbul ? Le romancier avait l’habitude de séjourner à Istanbul pour trouver l’inspiration, la ville l’attirait beaucoup. De son coup de foudre pour la Turquie sont nés deux romans, Aziyadé (1879) et Fantôme d’Orient (1892). Sa maison est aujourd’hui transformée en café très prisé des Istanbuliotes car situé dans un écrin de verdure, il offre des vues splendides sur la Corne d’Or.

Nous continuons notre grande promenade en déambulant dans le petit quartier juché sur la colline Eyüp, derrière le cimetière. Un calme étonnant, des immeubles carrelés (ça se fait beaucoup ici), avec des motifs et des couleurs qui égaient le paysage urbain, des jeunes jouent au ballon, des petits cafés où on sirote du thé. Finalement, la grouillante Istanbul sait aussi se ménager des espaces reposants où l’impression d’être dans une ville de 20 millions d’habitants s’efface.

Le soleil baisse sur l’horizon, il est temps pour nous de rentrer en se laissant bercer par cette ambiance nocturne que nous apprécions tant ! Une belle balade d’une bonne quinzaine de kilomètres qui ne nous empêche pas de profiter de la nuit pour prendre des photos lumineuses, ou déguster un simit ou deux !

Florence

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Pont Cevre Yolu
Photo Fliflounette

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Photo Toto Caribo

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Lumières du soir
Photo Fliflounette

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Un restaurant flottant
Photo Fliflounette

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Pont Atatürk
Photo Toto Caribo

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Pont Atatürk
Photo Toto Caribo

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