Un pont, mais quel pont !

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Le Pont Galata et le quartier Sultanahmet depuis la Tour Galata
Photo Toto Galata (euh, Caribo)

Il est plutôt rare de consacrer quelques lignes à un ouvrage d’art aussi banal qu’un pont, à moins de rendre hommage aux ponts parisiens connus pour leur histoire, ou bien d’être un fou de technologie et de génie civil.

Le pont de Galata à Istanbul mérite cependant qu’on lui accorde un article tant il est mythique. N’importe quel touriste ayant visité la capitale des sultans a forcément mis le pied sur ce pont. Le pont de Galata est le trait d’union entre la partie impériale de la ville où se trouvent les principaux édifices religieux et politiques de l’époque byzantine et les quartiers grouillants d’une population active très cosmopolite. De Sultanahmet et à Beyoğlu, il n’y a qu’une enjambée.

Traverser la Corne d’Or au petit matin, c’est baigner dans la douce lumière d’un panorama unique sur le Bosphore. Tandis que les premiers touristes se hâtent vers les sites historiques de Sultanahmet, sous vos pieds, les garçons de café s’affairent et mettent en place leur terrasse. C’est que le pont de Galata est réparti sur deux étages !

Posé sur l’eau, l’ouvrage laisse en son milieu un espace tout juste suffisant pour que les navettes flottantes puissent relier les différents points d’Istanbul.

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Le pont et au fond, le quartier de Beyoglu
Photo Fliflounette

Sur le « pont supérieur », de larges trottoirs, deux voies pour les voitures, et au milieu, une artère permet au tramway de faire vibrer l’ensemble à son passage. On y croise évidemment beaucoup de touristes qui se prennent en photo face au Bosphore avec pour toile de fond, les minarets de Sainte Sophie ou la Mosquée Nouvelle. Par conséquent, beaucoup de petits marchands ambulants : vendeurs de bouteilles d’eau, de kleenex, de petites choses à grignoter.

La partie supérieure est également investie par les Stambouliotes. Chaque centimètre de la longueur du pont vaut son pesant d’or pour les innombrables pêcheurs qui s’alignent peu à peu de part et d’autre des balustrades. Tous les milieux sociaux se rencontrent ici autour d’une activité commune, la pêche ! Des femmes, des enfants, des hommes en costume, des vieillards, tous regardent fixement leur flotteur à l’affut d’une heureuse prise.

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Photo Fliflounette

Comme souvent ici, une activité en entraîne une autre et c’est un florilège de petits métiers qui s’épanouit autour des pêcheurs : vente ambulante de thé ou de café, de barquettes de nourriture (concombres, maïs grillé, simit, grillades, plats cuisinés (si si !)), de lignes et de hameçons… Certains pêcheurs, eux, revendent directement leurs prises, pour quelques pièces, dans des petits gobelets en plastique : crevettes, petits poissons et autres petites choses non identifiées… Fraîcheur garantie !

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La Mosquée Nouvelle
Photo Fliflounette

Toute la journée, les lignes translucides ancrées dans le Bosphore habillent le pont, tissant comme une toile au-dessus de l’étage inférieur. Impossible d’ignorer l’activité qui règne sous vos pieds tant les odeurs chatouillent vos narines. Café, fritures, poissons et viandes grillées, quand vient l’heure du repas, il est presque inhumain de résister à la tentation. Une enfilade de restaurants et de cafés sont prêts à vous accueillir, à toute heure de la journée, vous offrant une vue imprenable sur la ville, au plus près de l’eau. Le ballet incessant des navettes maritimes occupe votre regard tandis que le soleil déjà haut vous fait plisser les yeux.

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Au-dessus, les cannes, dessous, les cafés et restaurants de chaque côté du pont
Photo Fliflounette

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Circulation maritime
Photo Fliflounette

Arrivés à l’extrémité du pont de Galata, côté Sultanahmet, un autre spectacle vous attend. Un flot continu de personnes, agglutinées les unes aux autres, comme des bancs de sardines, tentent de se frayer un chemin : on s’engouffre dans les souterrains envahis d’étals et de boutiques,  on se rue vers les embarcadères, tandis que les sardines rescapées  viennent noircir les trottoirs et les passages piétions dans le brouhaha de la circulation.

Au sortir du souterrain, vous voici plongé dans le cœur du quartier de Sultanahmet. Les odeurs de poisson sont bientôt remplacées par d’autres parfums, celui des épices, des olives et des fruits secs qui émanent du bazar, promesses d’un nouvel envoûtement.

Florence

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Photo Toto Caribo

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