D’Agia Roumeli à Omalos par la gorge de Samaria

Quelle chance ! Au réveil, le vent est complètement tombé, on a de bonnes chances de pouvoir entrer dans la célébrissime gorge de Samaria. La veille, notre hôtelier nous avait rapporté que la gorge était fermée à cause du coup de vent. En effet, d’une part, il est dangereux de s’aventurer dans une gorge lorsqu’il y a du vent car des pierres peuvent tomber à tout moment. Nous en avons fait l’expérience la veille dans les gorges d’Aradena. D’autre part, qui dit vent, dit souvent mer agitée, et donc pas de bateau pour venir vous chercher à Agia Roumeli. Sachant qu’il serait franchement compliqué de réaliser la gorge en aller-retour, les gardes du parc ferment l’accès.

Pourquoi on ne pourrait pas faire l’aller-retour dans la journée ?

Dans les guides touristiques, on raconte que la gorge de Samaria est la plus longue d’Europe avec ses 16 kilomètres. Or, sans vouloir enlever le prestige du trophée crétois, ce sont les gorges du Verdon qui remportent ce trophée grâce à 20 kilomètres de canyon. Cocorico !

Vous me direz que 16 km de gorge, ça n’est pas grand-chose et que ça peut se boucler en 4 heures. Sauf que ça ne sera pas plat. Sauf que ça ne sera ni un petit chemin tout propre ni un chemin tout doux comme on en trouverait dans la campagne angevine, ma région natale.P1090835 (FILEminimizer)

Entre le départ et l’arrivée, comptez une différence de 1230 m d’altitude. Ce relief ralentira votre allure, en montée, comme en descente. De plus, vous marcherez dans les cailloux, tout le long de votre promenade ou presque, des graviers aux blocs de plusieurs tonnes à enjamber. Ajoutez à cela le fait que vous êtes quand même dans un endroit magnifique où vous ne résisterez pas à l’envie de prendre des photos ! Donc, avec tous ces éléments pris en compte, comptez 5 à 7h de marche, en aller simple, pour réaliser l’intégralité du parcours, en prenant le temps des photos et des pauses casse-croûte.

La gorge de Samaria n’est pas une promenade du dimanche, vous devez bien connaître votre condition physique du moment avant de vous lancer dans les 16 kilomètres de marche. A vous de choisir l’option et les chaussures adaptées (!) qui vous permettront d’en profiter au mieux ! Si vous voulez tout connaître, ou presque, sur la gorge de Samaria avant de démarrer, c’est par ici !

C’est bon, vous êtes décidés ? C’est parti ! Vous pouvez maintenant entrer dans l’un des plus grands et des plus célèbres parcs nationaux de Grèce, moyennant un prix d’accès à 5€ (tarif valable en oct. 2014).

Notre randonnée

Nous avons décidé de remonter la gorge, pour ménager nos genoux et puis, selon notre parcours global sur ces 5 jours de marche, c’était le plus logique. Et puis, secrètement, on était contents de faire partie des moins de 7% de personnes qui la remontent ! On aime bien ne pas faire comme tout le monde je crois (comme à Aradena, même si on s’est un peu compliqué la tâche).

Après la traversée du vieux Agia Roumeli, nous entrons dans la partie la plus minérale de la gorge, émerveillés de tant de formes rocheuses différentes. L’appareil photo fonctionne à plein régime. On touche, on se penche, on se retourne, qu’un seul mot : wah !

Quelques centaines de mètres après le poste de garde d'Agia Roumeli

Quelques centaines de mètres après le poste de garde d’Agia Roumeli

Lumières du matin

Lumières du matin

On a la gorge pour nous. Seule une poignée de couples font le trajet dans le même sens que nous, un luxe incroyable pour profiter du passage le plus étroit, les Portes. Peu à peu, la gorge devient boisée, et toujours grâce au fait que nous sommes seuls, nous pouvons apercevoir nos premières kri-kri, les chèvres sauvages crétoises, grâce au bruissement des feuilles mortes ! Ravis de rencontrer ces jolies créatures, nous essayons de prendre quelques photos, sans résultat convaincant. Peu importe, on aura la mémoire de nos yeux !

On slalome au milieu des parois tortueuses, découvrant parfois, sur les côtés, d’autres petits canyons qui se déversent dans la gorge de Samaria. Dans chaque poche de lumière, un nuage de jolis petits papillons nous accompagne sur quelques dizaines de mètres. Tantôt on traverse la rivière, pas encore gonflée par les pluies de l’hiver, tantôt elle nous fait faux bond en disparaissant dans une perte. Plus loin nous la retrouvons, presque immobile, dans des bassins azurs.

Le village de Samaria approche, on croise de plus en plus de monde. Une fois dépassé, nous faisons une pause pour grignoter quelques victuailles : fruits secs, fruits frais, petits gâteaux (car je suis un peu (très) gourmande !) La pause nous permet de laisser passer beaucoup de touristes si bien que quand nous repartirons, le gros du flot sera passé et nous pourrons avancer à notre rythme.

Le village en ruines de Samaria

Le village en ruines de Samaria

En quittant Samaria, le dénivelé se rappelle à nos mollets. Autant jusqu’au village, la montée était vraiment progressive, sans que l’on se rende compte de rien, autant la partie qui mène à Xyloskalo est beaucoup plus montagnarde ! Grâce à un rythme de pas régulier, des pauses à des endroits remarquables, nous gravissons 600 m de dénivelé répartis sur les 3,8 km qui nous séparent de la sortie. De vrais mulets.

Les innombrables lacets, spécialité de la région, s’élèvent petit à petit sur les flancs du plateau, pour nous offrir, à chaque virage, une vue chaque fois plus panoramique sur la gorge. On sue à grosses gouttes, les jambes sont tendues en cette fin de journée, mais l’obstacle est bientôt franchi ! Nous présentons notre billet au garde, gage de notre participation financière, et nous sortons, victorieux, ravis !

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Les « escaliers » qui mènent à Xyloskalo

Dernier effort pour profiter du panorama

Dernier effort pour profiter du panorama

Quelques minutes après les photos des belles montagnes qui nous entourent, récompense de notre effort, nous sommes frigorifiés. Nous sommes à 1230 m d’altitude, mi-octobre. Normal. Nous filons vers Omalos en traversant le plateau, très venteux. Nous arrivons à destination, nous dégottons un petit hôtel à la déco montagnarde qui saura nous réchauffer.

La fin de journée est très fraîche : on lutte contre le froid à coup de thé des montagnes (tisane avec des herbes locales), en mangeant des plats bien chauds (soupe de lentilles, viande en sauce, gratin de courgettes « boureki »). La nuit venue, je suis ravie de me glisser sous mes deux couvertures bien chaudes ! Je me refais le film de la journée et m’endors heureuse d’avoir marché à Samaria…

La gorge de Samaria, en remontant, pourquoi pas ?

  • Le dénivelé peut vous paraître important, 1230 m, mais sachez que l’effort le plus intense se fait à la fin, dans les 3 derniers kilomètres, lorsqu’il faut rejoindre le bord du plateau à Xyloskala. Le reste du parcours est très progressif, vous ne vous rendrez même pas compte que vous montez.
  • Pour les personnes qui souffrent des genoux, remonter la gorge depuis Agia Roumeli sera moins traumatisant que de la descendre. Car en partant de Xyloskala, dans le sens de la descente, le chemin est raide durant 3 km. Pierres roulantes (risque de glisser) et forte pente vous pousse à freiner sans cesse, et donc à solliciter constamment vos articulations.
  • En partant d’Agia Roumeli à 8h maximum, on a l’avantage d’avoir la gorge pour soi jusqu’à Samaria à peu près. Après, on croise les flots de marcheurs, en sens inverse, puisque pas loin de 95% des gens descendent la gorge.
  • Voici une astuce : faites une pause, éventuellement à Samaria, attendez 13h30-14h pour repartir. En effet, à partir de cette heure-ci, les randonneurs sont beaucoup moins nombreux.
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