Du plateau d’Omalos à Sougia

Le réveil est frais, mais un petit déjeuner gargantuesque nous attend, de quoi recharger les batteries avant de mettre le nez dehors. A 8h, le soleil lance ses premiers rayons sur le bord du plateau. Il fait moins de 10°C, le sol est parsemé de blanc, il a gelé cette nuit. L’air froid comprime nos poumons, notre pas est rapide pour réchauffer les muscles et le corps tout entier. Nous n’avions pas prévu de faire cette petite escale « hivernale » alors l’épaisseur de nos vêtements n’est pas des plus adaptées.

Les brebis du plateau

Les brebis du plateau

Le soleil, qui ne caressait que les sommets environnants nous accompagne maintenant au milieu des pommiers et des enclos de brebis.

Le soleil apporte enfin un peu de chaleur

Le soleil apporte enfin un peu de chaleur

Duo de choc !

Duo de choc !

Nous sortons du plateau par une petite route asphaltée, défoncée par les passages d’engins agricoles et la rudesse du climat. Le paysage s’ouvre vers l’ouest. Nous nous engageons dans la montagne en suivant une fois de plus une section du sentier européen, le E4. Au détour d’un virage, nous apercevons la mer de Crète, au nord et la mer de Lybie au sud.

Mer Egée

Mer Egée

Mer de Lybie

Mer de Lybie

Les balises sous forme de points rouges nous guident à travers un gigantesque lapiaz de calcaires tranchants. Gare à la chute ! Cette partie requiert beaucoup d’attention, aussi bien pour assurer ses appuis que pour protéger sa tête des branches basses des rares cyprès, bien sèches et terriblement blessantes. Hervé y a laissé un morceau de cuir chevelu !

Lapiaz sur lequel il ne vaut mieux pas se casser la figure !

Lapiaz sur lequel il ne vaut mieux pas se casser la figure !

Petit à petit, nous quittons la zone aride des sommets pour descendre dans une zone plus arborée, où les chèvres et brebis laissées en liberté sont les seules témoins de notre passage. Les troncs torturés des cyprès côtoient désormais les pins dont la litière épineuse craque sous nos pieds comme si nous marchions dans la neige.

Plus loin, on gagne le lit d’une rivière que l’on va longer un moment avant de la quitter lorsqu’elle devient gorge abrupte. De nouveau, nous voici à flanc de montagne, au milieu des arbres, profitant de panoramas grandioses baignés des couleurs orangées du matin.

L’arrivée à la chapelle Agia Katherina marque le début de la piste qui nous permettra de rejoindre le village de Koustogerako : grandes maisons de type montagnard, amassées sur un col, un croisement entre une piste et la route principale, une taverne au mobilier vert olive. Nous nous arrêtons pour faire une pause et siroter un thé de montagne, avec du miel, s’il vous plait. Nous avons déjà fait l’essentiel de notre étape du jour.

Seules âmes croisées sur le chemin

Seules âmes croisées sur le chemin

Randonneur-photographe

Randonneur-photographe

Agia Katherina

Agia Katherina

Qui dit ombre dit chèvres

Qui dit ombre dit chèvres

Sortis de nulle part, un couple franco-belge vient s’attabler à côté de nous. La discussion s’engage. Le couple nous raconte qu’ils sont établis à Sougia pour les vacances, et qu’ils ont l’habitude de monter ici, dans la montagne, pour venir déjeuner et repartir ensuite. Une randonnée d’une journée qu’ils aiment répéter. Lui, Titi parisien décomplexé, avec une belle gouaille, il s’adresse au patron de la taverne dans un grec fluide. Elle, Belge, élégante et plus réservée, ne cesse de glorifier de notre parcours et notre condition physique. Lui nous parle de son triangle d’or, son coin préféré de Crète, dont le sommet part de Chania (La Canée) et englobe toute la zone des Montagnes Blanches.

Avant de repartir, le couple nous indique le petit chemin à suivre, nous leur souhaitons un « kali orexi » (« bon appétit » en grec) et nous nous remettons en route, pour suivre le dernier tronçon de notre étape. Petit chemin étroit, peu fréquenté car la végétation s’en donne à cœur-joie, ce que nos mollets n’apprécient que moyennement.

Nous rejoignons l’asphalte au niveau du village de Livadas avant de nous engager de nouveau sur une piste. Le village de Sougia ne semble pas vouloir se montrer, engoncé qu’il est dans le creux des montagnes. Ce n’est vraiment qu’au dernier moment que l’on aperçoit les premières maisons. Jolie lumière dorée sur la mer, nous avons hâte de poser les sacs pour profiter d’un bon bain salé, sitôt après avoir trouvé une chambre.

Sougia se montre enfin !

Sougia se montre enfin !

Le village de Sougia est entièrement dédié au tourisme, avec ses hôtels et maisons d’hôtes, ses bars discothèques, ses restaurants, ses petits commerces. Je ne trouve pas de charme particulier à l’endroit, alors, le mieux est de créer soi-même le moyen d’en profiter. Je me rends dans une petite boutique, achète 2 canettes de bière, des biscuits et du raisin bien frais, j’attrape mon bouquin et je pars m’installer sur les galets de la plage pour profiter de la fin d’après-midi. Hervé me rejoint après avoir cherché, en vain, l’unique distributeur de billets du village, qui paraît-il, est éternellement vide. Nous restons jusqu’à ce que le soleil disparaisse derrière la montagne, apportant immédiatement une petite brise fraîche. La journée s’achèvera dans un restaurant de cuisine traditionnelle savoureuse, au milieu de nombreux Grecs et touristes venus profiter d’une délicieuse soirée.

Le jour cède la place au rose des ténèbres

Le jour cède la place au rose des ténèbres

 

 

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